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Mon chien est dominant, que dois-je faire ?! (Partie 1)

Les comportements qui vous dérangent chez votre toutou préféré vous conduisent souvent à le qualifier de "dominant" (mais si, c'est votre voisine qui a toujours eu des chiens qui vous l'a dit !)... et si vous révisiez votre jugement ?



Têtu, votre chien ne revient pas quand vous l’appelez et ne supporte pas de se voir imposer des règles, il chevauche la jambe de Tata Ginette lors du barbecue du dimanche, ne cesse de réclamer des morceaux de saucisses dudit barbecue, grogne dès qu’on s’approche de sa gamelle, aboie quand il n’est plus le centre de l’attention et il se permet même de refuser de descendre du canapé lorsque vous voulez vous y installer !


Pas de doute, il est « dominant » et cherche à devenir le chef de meute de la famille ! Mais si, c’est Bernadette qui vous l’a dit !


- (Moi :) Bernadette ?

- (Vous :) Oui, Bernadette, une éminente spécialiste des chiens, ma voisine ! Elle a toujours eu des chiens, elle sait de quoi elle parle !

- (Moi :) Euh… Comment dire ?


Bon, on va récapituler en essayant d’être bien claire.


La première chose à faire est de vous enlever cette idée de la tête ! Votre chien N’EST PAS dominant.


Pour rappel, la dominance fait référence à des conflits répétés entre deux individus d’une même espèce, pour une ressource, où le même animal gagne toujours l’accès à cette dernière. Le gagnant est dit « dominant » sur le perdant, dit « subordonné » (Drew, 1993, repris par Bradshaw et al., 2009). Il faut donc une répétition d’interactions entre deux congénères dont l’issue sera toujours identique.


La dominance intraspécifique chez le chien existe bel et bien, mais on peut constater qu’il s’agit d’une dominance fluctuante, instable dans le temps, car elle va largement dépendre de la ressource en jeu, des individus en présence et de l’environnement. Il ne s’agit en aucun cas d’une caractéristique inhérente à l’individu ; aucun chien ne naît « dominant » en tant que tel, cherchant à dominer en permanence, dans toutes les situations et envers tous ses congénères.


Ainsi, par exemple, un chien pourra être extrêmement motivé à obtenir et garder, quitte à se battre, un os à ronger, tout en laissant son panier à ses congénères, y trouvant beaucoup moins de motivation. En revanche, une fois le ventre plein, il laissera volontiers à ses copains un nouvel os à ronger et préférera aller revendiquer la possession du coussin hyper moelleux et confortable idéalement situé à l’ombre pour y faire sa sieste.


Ainsi, au lieu de parler de dominance pour comprendre et expliquer les comportements du chien, mieux vaut se baser sur ses besoins et ses motivations à l’instant T.


- (Moi :) A partir de là, on est d’accord que vous ne pouvez plus dire que votre chien est dominant en tant que caractéristique de sa personnalité… On est d’accord, hein ?

- (Vous :) Oui, admettons… l’exemple donné est plutôt logique… mais ce Drou et ce Bradecho c’est qui déjà ?






... La suite, au prochain épisode.





Pour aller plus loin, je vous invite à lire les études suivantes :


DREWS, C., 1993. The concept and definition of dominance in animal behaviour


BRADSHAW, J. W. S., Blackwell, E. J. & Casey, R. A. 2009. Dominance in dogs-useful construct or bad habit


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